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Sexisme et spécisme
dans la littérature enfantine

Sexisme et spécisme dans la littérature enfantine (contes réécrits, Petit chaperon rouge, Petit Poucet) La création littéraire, dont l’une des fonctions est de proposer des solutions à des conflits ou à des contradictions sociales, relève toujours d’un acte idéologique de l’auteur, dans un contexte de société déterminé.

La littérature enfantine, et surtout les contes, ne fait pas exception à cette règle, et bien que l’on ait longtemps cru à leur universalité, tant ils font partie de notre histoire et de celle de nos enfants, presque tous les critiques qui ont étudié l’émergence de cette littérature en Europe s’accordent à reconnaître que les auteurs ont assimilé un matériel traditionnel (le conte oral) en l’adaptant au contexte social dans lequel ils évoluaient, aux mœurs, pratiques et valeurs de leur époque, et ce pour amener les enfants à s’intégrer dans les codes sociaux en vigueur. 

Sexisme et spécisme dans la littérature enfantine (contes réécrits, Petit chaperon rouge, Petit Poucet)Au cours des siècles, les contes et leurs symboles ont été remaniés, transformés, dotés de nouvelles significations, utilisés pour critiquer mais surtout, pour légitimer le pouvoir en place et les normes de la société, de telle sorte que les manières et les mœurs des jeunes se conforment aux normes et aux attentes de l’idéologie dominante, jusqu’à se fondre en elle une fois devenus adultes. 

Le conte de fée est un discours institutionnalisé à part entière qui inclut, parmi ses composantes, la manipulation. Des contes de Perrault, de Grimm et d’Andersen aux grandes productions de Walt Disney, reflet de l’industrie culturelle contemporaine, il est aisé de reconnaître la volonté sous-jacente des auteurs d’imposer au lecteur (téléspectateurs) des modèles à vivre, des manières de penser, et de les amener, sans qu’ils s’en aperçoivent, à considérer les valeurs admises par la majorité comme intrinsèquement bonnes pour eux-mêmes et pour les autres, et tout ce qui s’y oppose comme contraire au bien général. 

Sexisme et spécisme dans la littérature enfantine (contes réécrits, Petit chaperon rouge, Petit Poucet)Les contes traditionnels oraux, à partir desquels se sont constitués les contes littéraires dès le 16ème siècle, transmettaient une mythologie matriarcale, où les rôles principaux étaient tenus par des femmes. De la fin du 15ème à la fin du 17ème siècle, les efforts combinés de l’église catholique, de la réforme protestante et des pouvoirs en place ont abouti à transformer radicalement la vision du monde que véhiculaient les contes traditionnels oraux. La femme, figure maîtresse des contes oraux, fut évincée au profit de nouveaux modèles masculins: la «marraine» devint une sorcière, une fée démoniaque ou une marâtre, la «jeune princesse» active et déterminée devint un jeune homme, les lignées maternelles firent place à des lignées paternelles. L’intelligence, le courage et l’adresse sont désormais l’apanage des hommes, que couronnent succès social et faits d’armes. Considérée comme inapte à contrôler ses instincts naturels et ses pulsions, la femme n’a que la beauté pour elle. Si elle prend la parole, c’est pour mieux signifier sa soumission et son seul objectif doit être le mariage, sommet de l’accomplissement féminin. 

De nombreux contes illustrent ce changement de perspective, pour ne citer qu’eux, pensons à Cendrillon, obéissante et effacée, dont la beauté et l’humilité exemplaire lui valent d’être remarquée par le Prince et d’être épousée. Ou à Blanche-Neige, recueillie par les nains à la seule condition qu’elle devienne leur bonne à tout faire, jusqu’à ce que le Prince paraisse et la récompense de sa discrétion et de sa serviabilité par les épousailles. 

L’analyse des contes littéraires et de leur évolution au fil des réécritures révèle, outre des éléments sexistes, une modification des relations qu’entretiennent les humains avec les animaux. 

Sexisme et spécisme dans la littérature enfantine (contes réécrits, Petit chaperon rouge, Petit Poucet)A partir d'un matériel traditionnel qui met en scène la vie des animaux en parallèle avec celle des hommes, les réécritures s'efforcent de rendre compte, et surtout, de légitimer, les relations de domination que nous entretenons à l'égard des autres animaux.

Qu'il s'agisse de justifier la chasse, comme dans le Petit chaperon rouge, ou la consommation de viande, dans le Petit poucet de Perrault, rien n'est laissé au hasard. Les contes littéraires prennent en charge la délicate mission d'amener l'enfant, empreint de bienveillance à l'égard des animaux et dont il se sent proche à beaucoup d'égards, à réaliser et à accepter l'utilisation et l'exploitation que l'homme en fait.

Nous avons étudié ces évolutions à travers deux contes classiques (Petit chaperon rouge et Petit poucet), en procédant à une comparaison minutieuse de leurs différentes versions. En outre, nous avons entrepris la réécriture de très nombreux contes, afin de fournir de nouvelles versions, épurées de toute discrimination relative au sexe ou à l'espèce (Sommaire des contes réécrits).

Bibliographie principale
 

J. ZIPES, Les contes de fées et l'art de la subversion, Payot, Paris, 1986

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