27 avril 2014 - A la lumière de l’enseignement d’Amma - Journée Spirituelle avec Dipamrita - Centre bouddhique de Plouray (Bretagne 56)

 

 

 

 

Quand mon mari s’ouvrit à moi de son désir de devenir végétalien, et qu’il me demanda si j’étais d’accord, je fus très décontenancée et un sentiment de découragement me gagna, devant l’ampleur de la tâche.

J’avais mis des années à découvrir la cuisine végétarienne, à travers de nombreux livres, à réaliser patiemment leurs recettes, à m’en inspirer pour en créer de nouvelles, ou pour adapter celles de mon enfance, et à l’instant où je commençais à voler de mes propres ailes, voilà qu’il me fallait à nouveau tout abandonner, tout revoir.

Le végétalisme m’apparût comme un surcroît de travail et une privation des seuls petits plaisirs qui me restaient. Outre que j’adorais le beurre et le fromage, j’avais sur le lait de soja, et les produits qui en découlent, un a priori négatif. Le goût de farine, propre au lait de soja, me déplaisait et j’étais sûre de ne jamais pouvoir m’y habituer.

Les petits déjeuners étaient tristes, sans mon flacon de lait pour les céréales, si tristes que finalement, encouragée par mon mari, je finis par céder et mouiller d’un peu de soja mes rice-krispies au chocolat. Et je ne sais trop comment, mais j’y pris goût, jusqu’à oublier complètement que j’avais jamais mangé autre chose.

Le premier pas était fait. Pouvoir remplacer dans les recettes le lait par du soja rendait la tâche beaucoup plus facile, même si tous les problèmes n’étaient pas réglés.

Pour nous qui sommes belges, et qui consommons des tartines, comment les garnir était devenu un vrai casse-tête. Ne connaissant pas le beurre de cacahuète, ni les autres purées d’amandes et de noisettes, nous nous limitions au choco et à la confiture, en songeant avec tristesse à la saveur salée du fromage, que nous grignotions jadis avec le pain. Je confectionnais des salades et des taboulés, pour pallier à cet inconvénient, mais outre que c’était contraignant, nous restions sur notre faim. Ce n’est que bien plus tard que nous avons découvert les pâtés végétaux à base de levure, comme le Tartex, et bien d’autres, dont nous avons apprécié le goût et qui m’ont permis de développer mes propres recettes. Quand nous nous rappelons nos repas d’antan, nous ne voudrions pour rien au monde y revenir, tant nous sommes satisfaits des produits que nous consommons aujourd’hui.

Les obstacles au végétalisme sont aussi nombreux que variés. Il n’existe en français qu’une poignée de livres de recettes, et qu’ils ont triste mine, à peine illustrés, à côté des somptueuses anthologies végétariennes. Pourtant, les repas végétaliens, hauts en couleur, n’ont rien à envier à leurs cousins végétariens, comme en témoignent les nombreuses photographies, qui illustrent le présent site.

Par ailleurs, l’omniprésence du lait de vache et des œufs, dans les produits finis, réduit à une peau de chagrin ce que les végétaliens peuvent consommer et nous oblige à en contrôler constamment les ingrédients.

Mais avec du recul, il me semble que le problème le plus délicat, quand l’on passe au végétalisme, est celui du goût.

Quand on devient végétarien et que l’on supprime de son alimentation la viande et le poisson, nous bénéficions toujours des goûts forts qu’offrent les divers fromages et les œufs. Beaucoup en consomment alors davantage, ou en diversifient les variétés, et leurs saveurs traditionnelles comblent spontanément le goût qui nous liait à la viande. Abandonner le fromage, c’est comme abandonner le goût, celui que nous avons toujours connu.

Retrouver du goût est essentiel. Le monde des épices et des aromates, à lui seul, dépasse en diversité, en couleur et en saveur ce que nous offraient les produits carnés. Légumes, céréales, fruits foisonnent, du plus sucré au plus amer, du plus tendre au plus croquant, du plus sombre au plus éclatant. A mesure qu’on les découvre, notre palais s’habitue à de nouvelles saveurs, qui ne laissent que peu de place à ce qui autrefois, nous faisait monter l’eau à la bouche.

Si vous pensez, comme moi autrefois, que jamais plus vous ne jouirez de pizza ou de pâtes, comme vous les aimiez, dégoulinantes de fromage, faites-moi confiance, parcourez les recettes de ce site, prenez le temps de les découvrir et laissez-vous séduire par leur goût qui, demain, vous deviendra familier.

Corinne et Jean-Pierre
 

 

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Dernière mise à jour: 10/01/2014